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24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 19:26
Il pleuvait .
Des gouttes sur ma peau, des gouttes dans mes yeux.
 
C’était un jour où je venais de réaliser soudainement qu’une page de ma vie venait de se tourner définitivement.
Et il m’a mis entre mes mains ce livre.
« Regarde c’est incroyable ! »
Un cuir élimé, doux comme un velin , une charnière sèche et craquelée .
Deux liens noircis, tellement usés qu’il n’en restait qu’un moignon.
Un dessin mystérieux à l’encre pâle.
La couverture craque, résiste un brin.
Des feuilles jaunies, racornies , épaisses se libèrent.
Une locution latine écrite à la plume d’oie : trois lignes écrites si petites qu’on dirait des traits horizontaux.
Une date :1730
Et Je tournais ces pages , il est vrai.
Pourtant rien ne se finissait à chaque fois , au contraire !
J’avançais.
Je lisais une écriture vieille de plus de 250 ans, écrite d’une main ferme qui avait appliqué avec minutie des pleins et des déliés à la lueur d’une bougie.
J’entends craquer le papier sous la plume d’oie, je vois le buvard se parsemer de multiples taches, l’encre s’épuiser au bout de la plume dure et acérée, la lueur d’une bougie vaciller sur les lettres humides.
Et les soirées défiler au gré des centaines de  pages.
J’avais entre les mains l’œuvre d’une vie.Une vie éteinte depuis longtemps et qui ressurgissait à chaque ligne.
Grimoire extraordinaire fait d’élixir de vie, de potions diverses, de symptômes et de curation, de recettes aux signes cabalistiques, de remèdes et pommades maniant une cohorte de noms latins.
La dernière feuille écrite ,les feuilles vierges suivantes attendaient prêtes  à prendre éternellement le relai…
Le livre se referme.
Apaisement.
Non ! Une page ne se tourne pas définitivement.
Une vie de passion , de labeur ne s’éteint pas.
Il en reste au mieux une œuvre ,objet palpable , au pire un souvenir ténu transmis par une voix nostalgique , un sentiment profondément  ancré dans une terre.
 
Extraordinaire livre qui a trouvé d’ extraordinaires personnes ,relais de génération.
Le cuir est doux et chaud entre mes mains .
La fin n’existe pas. La vie est un rebondissement infini et perpétuel d’une âme à l’autre.
Ce livre est  venu me le dire. Joseph Gabriel je t’ai vu me le murmurer le temps d’une lecture.
Je ne tournerai pas la page, je la ferais vivre à mon tour.
 
Il pleut.
Des gouttes sur ma peau, du soleil dans mes yeux.
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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 21:40

Préparation de spécifique de Mr Helvétius pour guerrir toutes sortes d'hemoragies de l'un et de l'autre sexe

Prenés deus onces d'alun de roche , du plus beau mettés le en poudre et le faites fondre dans une écuelle d'argent alors vous y ajouterés une demi once de sang de dragon pulvérisé et le mélerés bien.

Et voilà!

une seule expression :SANG DE DRAGON!

 

 

 

Et vous croyez être tombée sur le grimoire de Merlin l'enchanteur ou le cousin français d'Harry Potter (ppfff c'est parce que vous êtes un moldu que vous n'y croyez pas!)

En 1730 comment pouvait-on s'approvisionner en sang de dragon?

 

 

 

 

 

Sceptique...un brin!

 j'avais à faire à un livre de remèdes très appparenté à l'alchimie mélangés certe avec des recettes de cuisine...mais un livre de magie???j'avais du mal à y croire!

et me voilà partie à la recherche du sang de dragon!

LE SANG DU DRAGON. C'est chez les Chymistes vulgaires, la teinture d'antimoine.

  je ne sais si l'auteur de ce livre était un chimiste "vulgaire"

 mais cet antimoine est fortement toxique!

 

Notez que ce nom d'antimoine a une histoire ou disons plutôt une légende:

L'origine du mot antimoine viendrait dit-on, d'une circonstance assez singulière. Basile Valentin qui, le premier, sut extraire le métal pur de son sulfure et le proclama, sous le nom de Lion oriental, comme un remède à tous maux, ayant vu des porcs acquérir un embonpoint extraordinaire pour avoir mangé le résidu d?une de ses opérations sur l'antimoine, crut que ce métal pourrait rétablir la santé des moines de son monastère, exténués par les jeûnes et les mortifications. L'administration de ce nouveau remède fut fatale à ces bons religieux, qui périrent en grand nombre. De là vint le nom d'antimoine

 

J'oriente donc mes recherches vers une explication moins toxique ...sachant que le remède  a pour but l'arrêt d'hémorragie et non leur déclenchement.

et je découvre cela:

Le sang-dragon est connu depuis l'Antiquité. Les Grecs, les Romains et les Arabes l'utilisaient comme teinture ainsi que pour ses propriétés médicinales et il a été décrit par Dioscoride et d'autres auteurs anciens. Le sang-dragon des Romains était probablement tiré de la base des feuilles du Dracaena cinnabari. Il est mentionné dans le Periplus Maris Erythræi (tour de la mer Rouge) au premier siècle comme étant l'un des produits de l'île de Socotra, un important centre de traite depuis l'époque des Ptolémées. Il y avait une grande confusion dans le monde romain et en Chine entre le vrai sang-dragon d'origine végétale et le cinabre d'origine minérale, un sulfure de mercure toxique.

Et voilà à nouveau un élèment minéral de plus : le cinabre du sulfure de mercure , lui aussi rouge sang!

j'en viens donc à conclure assez rapidement que je ne saurais jamais sans doute ce que peut être le sang de dragon mais que  pour arrêter une hémorragie en 1730 , on utilisait une matière qui faisait penser étrangement au sang!

bon

 

mais

 

 

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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 12:51

Dans le déchiffrage ardu du livre dont je vous ai parlé dans l'article précédent, je suis tombée par hasard sur ce remède:

Pillules pour les pales couleurs des filles

prenés une once d'extrait de marc.Ppre avec le moût six dragmes d'extrait d'Aloès.ppre avec le suc de chicorée , demi once d'extrait de rhubarbe, deux dragmes de saffran,six gouttes d'huille distillée de Panelle.

on melera tous ensemble pour en faire une masse de pillules régulières pour l'usage.

Ces pillules fons parfaittement bonnes pour guerrir les pales couleurs des filles;on en donne une scrupule a la fois le matin ajeun et par dessus deux ou trois onces de vin d'absinthe et on oblige le malade de promener apres environ demi heure.

Il faut en continuer l'usage pendant plusieurs jours.

 

 j'ai essayé d'être fidèle à l'orthographe de l'auteur.

Remarquez que pour faire revenir des couleurs à ces jeunes filles bien trop pâles , on leur administrait quand même une sacrée dose d'alcool!!!

j'aime aussi beaucoup le coup de la promenade!!!

 

 

Trois mots me posaient difficulté:  PPre ,Panelle et Scrupule

 

PPre=prépare?

je n'ai rien trouvé au sujet de la panelle qui soit concluant:

cela peut être un champignon: panellus associé aux pleurotes! mais extraire de l'huile d'un champignon ?!!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

c'est une galette de pois chiche très aimée en Italie.

j'ai trouvé un site qui répertorie en 1899 dans une commune:

"La production agricole de la commune est de 227 hectares de céréales (100 de froment, 15 de meteil, 10 de seigle, 12 de panelle, 90 d'avoine)."

la panelle serait donc une céréale mais laquelle?

le pois chiche? son nom latin est Cicer arietinum

Nom issu de Ciceron à cause de la verrue en forme de pois chiche qu'il avait sur le nez!!!

(on en apprend des choses!!!)

elle était surtout cultivée dans le midi de la France: c'est- elle qu'il nomme la panelle?

 

 

 

 

 

Quant au  mot scrupule  voilà ce que j'ai trouvé:

les mesures de l'époque:

le système métrique ne fut  adopter qu'en 1794, les mesures de l'époque ne semblaient pas être équivalentes si vous étiez drapier ,apothicaire ou si vous habitiez Paris , la franche-comté ou la provence.

N'ayant pas trouvé ce que je recherchais (apothicaire en provence),je  me suis donc référée  aux mesures utilisées en alchimie dont le livre s'inspire beaucoup dans son écriture symbolique.

livre=489.5 g

once=30.59 g

dragme=3.82 g

scrupule=1.275 g

grain=0.053 g

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 15:59
 
Il semblerait que les mathématiques soient faciles
1+1=2
En biologie çà se complique légèrement:
Dès qu’on parle de reproduction sexuée
1+1=1
Traduction: un spermatozoïde+un ovule = une cellule-œuf
(une cellule+une cellule=une cellule....premier niveau de maternelle de bio ;)
NB:cette opération ne s'applique pas évidemment à la quantité de matériel génétique! )
 
Mais alors quand vous ouvrez un livre et que vous trouvez çà….
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
et son détail
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
?????
Rois du décryptage...
aidez moi !
Ce livre est un livre écrit au XVIIIème siècle, il a été écrit par un apothicaire…formules,élixirs et remèdes en tout genre se succèdent.
Je n’arrive pas à comprendre ces signes cabbalistiques : des mesures de volume , des quantités ?
 
Trouve-t-on les sources de ces signes dans l'alchimie?
 
Est ce que les cisteurs vont être capables de m'expliquer comment on comptait quand on était apothicaire ,il y a 300 ans?
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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 09:26

j'ai toujours eu une fascination pour l'eau.

Petite , à l'âge où on ne sait pas encore nager , j'ai tenté le record d'apnée au fond d'une fontaine au milieu des poissons rouges.Ce n'était pas un accident , c'était voulu, je le sais!

le souvenir de bien être que j'en garde est indélébile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

je pense que j'y serais encore sans la main impérieuse d'un grand père qui m'a ramené dans le milieu qui convenait le mieux à mes poumons.

 

 

 

 

 

 

Grande j'ai compris que je n'aurais jamais de branchies, même en troquant  mes poumons contre des bouteilles d'oxygène.

 

 

 

cette attraction perdure , envahie encore beaucoup mon quotidien:dans mon travail ,dans mes sorties.

les cistes n'y échappent pas.

 

 

 

 

 

 

ma préférée je l'avais posée dans une source miraculeuse , plongée dans l'eau.

une autre sous le deversoir d'une fontaine , là aussi peu à l'abri de l'eau.

une éphémère a été flottante.

 

 

une autre était éclaboussée par une cascade.

 

 

des canyons ont été pourvus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

des bords de mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

j'ai pu aussi découvrir l'importance de l'eau chez les anciens : soit parce qu'elle fait partie intégrante de notre alimentation ,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

soit par son aura mystérieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cet article est dédié à tous ceux qui aiment l'eau ...;) (et oui à toi aussi!!!!)

 

 

 

les cistes évoquées ou effleurées dans cet article sont:

26/6656 Alexis et l'ordre de citeaux http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=6656

26/7480 au chat perché http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=7480

26/8287 Ovum lunae http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=8287

26/8363 soie et tracas http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=8363

26/9247 l'énigme Mandrin http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=9247

09/9804 la ciste de satan http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=9804

83/10425 le sentier du grall tiot http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=10425

83/16988 A l'âge de bronze http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=16988

05/17549 les naufragés du bout du monde http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=17549

29/18890 Y en a marre http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=18890

29/18901 la ciste du poisson miraculeux http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=18901

84/19674-19675 chaque goutte est de l'or http://www.cistes.net/choixciste.php?numero=19674

et d'autres encore...

 

 

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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 13:49

Il est de ces terres qui ont des secrets que nous ne connaissons que par la voix d’une grand-mère,une photo jaunie trouvée dans un carton d’une enfant à l’air malicieux, un poème écrit à la plume d’oie sur une feuille racornie d’un vieux cahier d’écolier.

Il y a ce village où je venais passer des vacances, il y a très longtemps.

Il y a cette silhouette d’un clocher qui m’a marqué, la fraicheur et la profondeur d’une fontaine où je me penchais dès que j’échappais  à l’attention de mes parents.

Il y a ces terres blanches parsemées de cerisiers moribonds où je m’éraflais les genoux pour attraper les burlats les plus hauts.

Un géant et une madone des anges qui me surveillaient de leur hauteur.

Il y a ces vieilles pierres , cette odeur de salpêtre, cette énorme porte en bois  qui ne s’ouvrait qu’après s’être pendu fortement sur la clenche.

Il y avait Anièce et son chat :ses sirops servis sur la nappe cirée, la porte grillagée contre les mouches qui tapait à chaque fois qu’on la lâchait.

 Léonce et sa bonne odeur de sciure fraiche, le béret de côté ; sa cave à vinaigre :un trou noir dans la rue , hantée de moisissure et de toiles d’araignées.

Le « comte » et son énorme bague qui me faisait visiter les restes ruinés d’ascendants prestigieux.

Le « marseillais »  en marcel une pelle à la main , du plâtre sur la joue, un sourire accroché au bord des lèvres.

Et la rue : pavée de galets glissants comme un toboggan qui permettait d’aller plus vite se coller à la seule vitrine qui en valait la peine pour un enfant : le bazar du village ;amoncellement hétéroclites d’ustensiles de cuisine , nappes cirées, jouets et aliments.

Il y avait la copine qui juste après la pluie m’amenait à la chasse aux escargots avec comme tout panier : un sac en papier !

Il y avait cette cour entourée de murs si hauts qu’on ne voyait qu’un petit coin de ciel bleu dans une pénombre rafraichissante.

une deuxième cour envahie d’herbes folles .

Comment se fait il que je me souvienne autant d’images et d’odeurs...il y a si longtemps !

Je me croyais étrangère à cette terre , seulement raccrochée encore par sa voix rauque qui en parlait avec nostalgie : tablier d’école , encre sur les doigts, ancêtres et cousinade multiple.

J’y suis revenue ,avec à chaque fois un pincement plus grand.

Le dernier a été fatal…j’y ai laissé mon ultime lien…là dans cette terre blanche à l’odeur de cerise.

 

 

 

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 20:18

il suffit quelquefois de ne plus regarder vers le sud, là où le géant siège...pour  vous tourner vers cette drôme du Nord où règne en grand maitre le pourvoyeur incontesté de cistes magnifiques:

Scott of the attic

 "je l'ai vu"!

 

 

 

 

 "Aéria  la suite"

 

 

 elie et eiffel habitent là!

 

 

 

 

 

 

 

"aux pieds de ces dames nagent des poissons rouges!"

 

 

 

 

 

 

 

 "ovum lunae": le village aux sorciers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"un berger seul dans la montagne"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et je n'ai pas encore tout vu!

 

Quand le sujet brulant du nombre de cistes par m² est d'actualité, juste ces quelques photos pour montrer ce qu'est un beau spot!

 

merci à toi Scott!

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 11:16

En parcourant mon département ces temps ci , il m'a semblé que des évènements extraordinaires allaient bientôt se passer...

impossible d'accéder à certains lieux....

.

Du linge tout fraîchement nettoyé pendait à certaines remises

et au bord de  notre route venait de fleurir un nouvel avertissement ...

 

Se pourrait-il que quelque chose se prépare dans la Drôme?

(aucun trucage sur les photos :))

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 08:42

 

Les dentelles de Montmirail...

Panoramiques et mystérieuses

Comment ne pas être tentée de suivre encore les pas de laserlaser...

Pourquoi ?

 

parce que au détour d'un cade vous entrez dans un monde magique...

où une sorcière (sympathique!!!) peut à tout moment sortir de son antre creusé dans la colline...

pas de clé pour entrer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

juste appliquer sa main à cet endroit:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et le mistral qui vous empéchait de rentrer retiens son souffle le temps d'une seconde

 

 

 

et chuchote à votre oreille

 

 

 

 

 

 

 

 

entre 

et

regarde par la fenêtre

 

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31 octobre 2006 2 31 /10 /octobre /2006 10:49

Aéria est une jeune fille de douze ans.Elle vit sur ce promontoire au dessus de la vallée du Rhône.

Un village très particulier.

Les maisons sont accolées à la colline de safre qui semble vouloir les engloutir avec voracité.

Un village isolé et pourtant si près à vol d’oiseau de la petite ville de la vallée.

Aéria voit fumer les cheminées des briqueteries.

Elle est assise sur un muret de pierres sèches.

Sa jupe noire est froissée et parsemée de taches ocres de safre.

Deux chevilles osseuses dépassent et martèlent de façon rythmée le muret.

Le regard d’Aéria s’évade…

Elle rêve de la vie là-bas au-delà de la montagne , au-delà de la dent du Rez.

Qu’y a-t-il là bas ?

Des paysages exotiques, des couleurs fantastiques, des odeurs tenaces ?

Que font les habitants en ce moment ?

Ils mangent des fruits juteux et sucrés, se reposent,travaillent dans des patchworks de végétations d’un vert rutilant… ?

Aéria rêve de tout ce qu’elle ne connaît pas.

Son imagination est sans borne , sans faille.

Tout est possible , tout doit exister.

« Aéria ! »

la voix de Marie , sa mère.

Aéria pousse un soupir, saute lestement du muret, secoue sans conviction sa jupe et d’une détente fulgurante bondit de droite à gauche sur le sentier qui remonte vers la voix.

La pente est rude, il fait chaud.

« oui mère »souffle Aéria arrivée en haut de la calade , à l’entrée de sa maison.

« Sais tu qu’il est l’heure d’aller à la messe ? Mais regarde dans quel état es tu ? »

Marie a ce ton rauque et à la fois chantant de la méditerranée.

Elle s’exprime avec forts gestes , un peu comme une soupape qui à son  trop plein de vapeur .

C’est une femme petite mais solide , habituée au travail dur de la terre.

Marie est scintrée dans une impeccable robe noire dont aucun pli ne semble vouloir tenter la moindre velléité de liberté !

Tout est impeccable  jusqu’au foulard rouge , seule extravagance qui est jeté géométriquement sur ces épaules.

Aéria échevelée , une tresse en piteux état et l’autre en voie de dégringolade avancée , moitié ocre , moitié noire…

Un regard à son frère et sa sœur ligotés dans leur bel ensemble , un peu comme des poules qui vont au pot.

Droits parce qu’ils ne peuvent plus faire autrement ; ils regardent de leurs yeux noirs et mouillées l’aspect de leur sœur aînée.

Leurs bouches s’entrouvent dans un même mouvement : dégoût , horreur ou stupeur de tant de négligence face à l’autorité maternelle.

« Va te changer …tu as 3 minutes pour revenir dans une tenue décente ! »

La voix de Marie vient de raisonner comme un grondement qui se répercutent sur les murs de safre.

La tension est contenue mais on sent le barrage près à céder et la vague de fond déferler…

Les petits se resserrent près à s’accrocher l’un à l’autre en cas d’ apocalypse.

Aéria traverse la cuisine et se dirige vers la pièce qui  sert de chambre aux enfants de la famille Ayguier.

La pièce est à demi-circulaire, sombre car la seule ouverture est la porte qui rejoint la cuisine.

Le mur principal comme le plafond d’ailleurs est constitué de la falaise de safre.

Le plafond est bas et quelques niches ont été creusées à mi-hauteur. Une lampe à huile y trône seule.

Aéria ouvre le coffre qui contient sa maigre garde robe.

Aucun choix possible, elle n’a qu’une robe , noire bien sur, qui peut être portée pour cet évènement.

Vite , un peu d’eau sur la figure au dessus de la bassine en émail écaillé.Un coup de brosse dans cette forêt dense et inextricable de cheveux noirs.Un tressage rapide…

« Aéria nous t’attendons » siffle une voix qui n’a plus de patience.

A SUIVRE...

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