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31 octobre 2006 2 31 /10 /octobre /2006 10:49

Aéria est une jeune fille de douze ans.Elle vit sur ce promontoire au dessus de la vallée du Rhône.

Un village très particulier.

Les maisons sont accolées à la colline de safre qui semble vouloir les engloutir avec voracité.

Un village isolé et pourtant si près à vol d’oiseau de la petite ville de la vallée.

Aéria voit fumer les cheminées des briqueteries.

Elle est assise sur un muret de pierres sèches.

Sa jupe noire est froissée et parsemée de taches ocres de safre.

Deux chevilles osseuses dépassent et martèlent de façon rythmée le muret.

Le regard d’Aéria s’évade…

Elle rêve de la vie là-bas au-delà de la montagne , au-delà de la dent du Rez.

Qu’y a-t-il là bas ?

Des paysages exotiques, des couleurs fantastiques, des odeurs tenaces ?

Que font les habitants en ce moment ?

Ils mangent des fruits juteux et sucrés, se reposent,travaillent dans des patchworks de végétations d’un vert rutilant… ?

Aéria rêve de tout ce qu’elle ne connaît pas.

Son imagination est sans borne , sans faille.

Tout est possible , tout doit exister.

« Aéria ! »

la voix de Marie , sa mère.

Aéria pousse un soupir, saute lestement du muret, secoue sans conviction sa jupe et d’une détente fulgurante bondit de droite à gauche sur le sentier qui remonte vers la voix.

La pente est rude, il fait chaud.

« oui mère »souffle Aéria arrivée en haut de la calade , à l’entrée de sa maison.

« Sais tu qu’il est l’heure d’aller à la messe ? Mais regarde dans quel état es tu ? »

Marie a ce ton rauque et à la fois chantant de la méditerranée.

Elle s’exprime avec forts gestes , un peu comme une soupape qui à son  trop plein de vapeur .

C’est une femme petite mais solide , habituée au travail dur de la terre.

Marie est scintrée dans une impeccable robe noire dont aucun pli ne semble vouloir tenter la moindre velléité de liberté !

Tout est impeccable  jusqu’au foulard rouge , seule extravagance qui est jeté géométriquement sur ces épaules.

Aéria échevelée , une tresse en piteux état et l’autre en voie de dégringolade avancée , moitié ocre , moitié noire…

Un regard à son frère et sa sœur ligotés dans leur bel ensemble , un peu comme des poules qui vont au pot.

Droits parce qu’ils ne peuvent plus faire autrement ; ils regardent de leurs yeux noirs et mouillées l’aspect de leur sœur aînée.

Leurs bouches s’entrouvent dans un même mouvement : dégoût , horreur ou stupeur de tant de négligence face à l’autorité maternelle.

« Va te changer …tu as 3 minutes pour revenir dans une tenue décente ! »

La voix de Marie vient de raisonner comme un grondement qui se répercutent sur les murs de safre.

La tension est contenue mais on sent le barrage près à céder et la vague de fond déferler…

Les petits se resserrent près à s’accrocher l’un à l’autre en cas d’ apocalypse.

Aéria traverse la cuisine et se dirige vers la pièce qui  sert de chambre aux enfants de la famille Ayguier.

La pièce est à demi-circulaire, sombre car la seule ouverture est la porte qui rejoint la cuisine.

Le mur principal comme le plafond d’ailleurs est constitué de la falaise de safre.

Le plafond est bas et quelques niches ont été creusées à mi-hauteur. Une lampe à huile y trône seule.

Aéria ouvre le coffre qui contient sa maigre garde robe.

Aucun choix possible, elle n’a qu’une robe , noire bien sur, qui peut être portée pour cet évènement.

Vite , un peu d’eau sur la figure au dessus de la bassine en émail écaillé.Un coup de brosse dans cette forêt dense et inextricable de cheveux noirs.Un tressage rapide…

« Aéria nous t’attendons » siffle une voix qui n’a plus de patience.

A SUIVRE...

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